Pourquoi se lancer dans un projet d’ouverture de guinguette ?

La guinguette s’inscrit dans la tendance des restaurants éphémères et des lieux de convivialité en plein air. Elle se distingue par son fonctionnement saisonnier, sa souplesse d’aménagement et son ambiance festive.
Cuisine simple, boissons, musique et animations s’y mêlent dans un cadre chaleureux, répondant à une demande croissante d’expériences locales, accessibles et conviviales, loin du formalisme des bars ou restaurants traditionnels.

On distingue plusieurs types de guinguettes, selon le lieu, le budget et le modèle économique :

  • Guinguette traditionnelle : établissement fixe, ouvert tout ou partie de l’année.
  • Guinguette éphémère : installée temporairement, souvent en été ou lors d’un événement.
  • Guinguette mobile : structure modulable de type container, caravane ou remorque.
  • Guinguette privée : implantée chez soi ou dans un lieu privatisé.

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Quelles sont les autorisations requises pour ouvrir une guinguette ?

Même si aucun diplôme n’est exigé, ouvrir une guinguette impose le suivi de formations réglementaires et l’obtention de licences pour pouvoir vendre des boissons, proposer de la restauration et accueillir du public en toute légalité.

 

Les formations obligatoires pour exploiter une guinguette

Un permis d’exploitation (valable 10 ans) est requis dès lors que vous vendez de l’alcool. Il s’obtient à l’issue d’une formation agréée de 20 heures, axée sur la prévention de l’alcoolisme, la protection des mineurs, la réglementation des débits de boissons et les obligations de l’exploitant.

Si la guinguette propose de la restauration sur place, une formation en hygiène alimentaire (attestation HACCP) est également obligatoire. D’une durée de 14 heures, elle permet d’assurer la sécurité sanitaire des plats servis. Elle doit être suivie par au moins un membre de l’équipe : gérant, salarié en cuisine, ou autre.

💡 A noter : Une expérience professionnelle dans la restauration ou certains diplômes (BEP, CAP…) peuvent donner droit à une dispense partielle du suivi de ces formations.

 

Les licences nécessaires à la vente de boissons

Pour vendre des boissons alcoolisées dans une guinguette, il est obligatoire d’obtenir une licence adaptée au type d’alcool servi. Cette démarche passe par une déclaration préalable en mairie, après obtention du permis d’exploitation.

Type de licence

Boissons autorisées à la vente

Licence III

Boissons fermentées : vin, bière, cidre, poiré, apéritifs à base de vin (< 18°)

Licence IV

Toutes boissons alcoolisées, y compris les spiritueux (> 18°)

Petite licence restaurant

Boissons de type Licence III, uniquement servies à l’occasion des repas

Licence restaurant

Toutes boissons, mais uniquement servies pendant les repas

PVBAN (Permis de vente de boissons alcooliques la nuit)

Vente à emporter entre 22h et 8h (soumise à autorisation spécifique)

 

Quelle démarche pour ouvrir une guinguette ? En 7 étapes clés

Aussi convivial soit-il, un projet de création de guinguette exige méthode, anticipation et bonne connaissance du marché. Pour un lancement conforme et réussi, plusieurs étapes clés sont incontournables :

1. L’étude de marché
2. Le concept de l’établissement
3. Le business plan
4. L’emplacement et l’aménagement
5. Le choix du statut juridique
6. Le financement du projet
7. Les formalités administratives

💡 A noter : Il faut compter en moyenne 4 à 8 mois pour concrétiser l’ouverture d’une guinguette. Le délai dépend de la complexité du projet, de votre disponibilité et des délais administratifs ou bancaires.

schéma étapes pour ouvrir une guinguette par ACT by Baker Tilly

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1. Réaliser une étude de marché

Avant d’ouvrir une guinguette, vous devez valider le potentiel local de votre projet et cerner les attentes de la clientèle future. Une étude de marché aboutie vous aidera à ajuster le positionnement de l’établissement, affiner votre offre (menu, animations, ambiance…) et fixer des prix cohérents.

Votre étude de marché doit notamment comprendre ces éléments d’analyse :

  • Analyse de la demande locale : La zone est-elle propice à un établissement de plein air ? Y a-t-il une affluence saisonnière (touristes, familles, actifs…) ?
  • Ciblage précis : Quelle clientèle souhaitez-vous attirer en priorité ? Familles, seniors, touristes, jeunes actifs… ?
  • Étude concurrentielle : Existe-t-il déjà des établissements similaires (guinguettes, bars ou restaurants) dans le secteur géographique ? Si oui, leur offre est-elle complémentaire ou concurrente ?
  • Observation terrain : Quels sont les tarifs pratiqués, les horaires d’ouverture, les services proposés et le positionnement de la concurrence (directe et indirecte) ?
  • Enquête directe : Sondages et questionnaires pour recueillir les attentes de la clientèle cible : style musical, budget repas, expérience recherchée…

💡 A noter : Une étude de marché peut être menée seul, à condition de disposer des bons outils et/ou d’un modèle adapté. Pour gagner en fiabilité et en sérénité, vous pouvez solliciter un spécialiste de l’étude de marché.

 

2. Définir le concept de la guinguette

Le concept donne son identité à votre guinguette. Il doit refléter les attentes de votre public cible et créer une expérience client unique pour fidéliser durablement. Ambiance, carte, animations, visuel… tout doit être pensé pour marquer les esprits et donner envie de revenir.

Pour ce faire, une multitude d’éléments structurants sont à définir, parmi lesquels :

  • Type de guinguette : fixe, éphémère, mobile, ou privée.
  • Ambiance recherchée : festive, familiale, bohème, rétro, chill… Un fil rouge qui guide votre décoration et vos animations.
  • Offre culinaire et boissons : cuisine de saison, plats à partager, produits locaux, carte végétarienne ou bio…
  • Aménagement du lieu : terrasse, guirlandes, mobilier bois ou récupération, scène extérieure… Le cadre joue un rôle clé dans l’attractivité du lieu.
  • Saisonnalité et exploitation : uniquement estivale ou élargie (exemple : hiver avec braseros, vin chaud, fondues…), en solo ou avec des associés.

 

3. Elaborer un business plan solide

Le business plan est la colonne vertébrale du projet. Il formalise vos ambitions, chiffre vos besoins et prouve la viabilité économique de votre future guinguette. C’est un outil clé pour convaincre les banques et les potentiels investisseurs.

Ce document stratégique doit notamment intégrer les aspects suivants :

  • Projections financières : chiffre d’affaires prévisionnel, charges fixes et variables, investissements de départ, besoins en trésorerie…
  • Analyse de rentabilité : seuil de rentabilité, marge sur la restauration ou les boissons, retour sur investissement (ROI)…
  • Besoins en financement : apport personnel, prêts, aides ou subventions ciblées…

Ce plan d’affaires doit reprendre les éléments de votre étude de marché, préciser votre concept, détailler votre offre, votre stratégie et le calendrier de lancement.

💡 A noter : Un business plan peut être rédigé seul (sur la base d’un modèle existant) ou avec l’appui d’un expert en business plan pour fiabiliser les données financières, évaluer les scénarios et gagner du temps.

 

4. Trouver et aménager un emplacement

Le choix du lieu est extrêmement important : une guinguette attire par son cadre autant que par son concept. L’idéal ? Un espace en plein air, facilement accessible, situé près d’un cours d’eau, d’un lieu de promenade, d’un axe fréquenté ou d’un site touristique.
L’aménagement doit évidemment refléter l’identité du concept et respecter les normes d’hygiène et de sécurité.

Voici les principaux éléments à anticiper pour exploiter l’espace de votre guinguette :

  • Aménagements extérieurs : terrasse, tonnelles, éclairage, mobilier, bar extérieur…
  • Espaces techniques : cuisine, chambre froide, accès aux réseaux…
  • Confort et sécurité : sanitaires, accessibilité PMR, signalétique, normes électriques…
  • Recrutement : personnel de cuisine, serveurs, barmen…
  • Fournisseurs : produits frais, boissons, matériel, mobilier…

💡 A noter : Selon la nature du terrain (privé, communal, domaine public…), des autorisations spécifiques ou une déclaration préalable en mairie peuvent être requises.

 

5. Choisir le statut juridique de l’entreprise

Le choix de la forme juridique de l’entreprise conditionne votre statut social, votre régime d’imposition, votre niveau de responsabilité personnelle et la simplicité des démarches administratives.

Chaque statut présente des avantages en matière de fiscalité, de protection sociale et de gestion. Les formes juridiques les plus couramment choisies pour les guinguettes sont les suivantes :

  • SARL : idéale pour les projets à plusieurs associés, avec une responsabilité limitée aux apports et un cadre juridique stable.
  • SAS : flexible en cas de levée de fonds ou d’entrée d’investisseurs, avec une responsabilité également limitée aux apports.
  • EURL : version unipersonnelle de la SARL, adaptée à un entrepreneur seul souhaitant sécuriser son patrimoine personnel.
  • SASU : idéale pour entreprendre seul tout en conservant une liberté de gestion et offrant des perspectives d’évolution

Voici quelques questions à se poser pour choisir le statut juridique le plus adapté à votre projet de guinguette :

  • Souhaitez-vous protéger votre patrimoine personnel en cas de difficultés financières ?
  • Créez-vous votre guinguette seul ou avec des associés ?
  • Avez-vous besoin d’un statut social protecteur ?
  • Prévoyez-vous de faire entrer des investisseurs au capital ?
  • Souhaitez-vous limiter vos charges sociales au démarrage ?

💡 A noter : En cas de doute, il est vivement conseillé de faire appel à un professionnel du droit spécialisé en création d’entreprise, afin de sécuriser le choix de votre statut juridique.

 

6. Apport au capital social et financements

Comme toute création d’entreprise, l’ouverture d’une guinguette implique un investissement de départ pour couvrir les premières dépenses : aménagement du lieu, mobilier, équipement de cuisine, licences, communication…

Les banques exigent en général un apport personnel représentant 20 à 30 % du besoin total en financement, gage d’engagement et de crédibilité. Ce capital initial peut être complété par plusieurs solutions de financement :

  • ACRE : exonération partielle de charges sociales durant la première année d’activité (sous conditions).
  • Prêt d’honneur : prêt à taux zéro, sans garantie, octroyé par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre.
  • Aides régionales et subventions : certaines collectivités locales soutiennent l’installation d’activités comme les guinguettes.
  • Prêts professionnels : crédit bancaire classique ou participatif, accordé sur présentation d’un business plan.
  • Microcrédit ou love money : solutions alternatives pour les projets à petit budget ou en complément d’un financement principal.

💡 A noter : L’accompagnement d’un expert en financement peut faciliter les démarches et augmenter vos chances d’obtenir des aides.

 

7. Réaliser les formalités administratives de création d’entreprise

Une fois le projet défini, le concept validé et le financement sécurisé, il ne reste plus qu’à créer officiellement votre guinguette.

  • Rédaction des statuts de l’entreprise
  • Publication dans un Journal d’Annonces Légales (JAL)
  • Immatriculation au greffe du tribunal de commerce pour obtenir le SIREN et le Kbis
  • Ouverture d’un compte bancaire professionnel pour y déposer le capital social
  • Déclaration de l’ouverture de la guinguette en mairie, au moins 15 jours avant l’ouverture
  • Souscription aux assurances obligatoires : responsabilité civile professionnelle, multirisque, matériel…

💡 A noter : Ces démarches peuvent être effectuées en ligne ou auprès d’un expert juridique dédié, pour un accompagnement simple et sécurisé.

 

Quel est le budget à prévoir pour ouvrir une guinguette ?

Le coût d’ouverture d’une guinguette peut varier fortement selon de nombreux paramètres : emplacement, surface, type de structure, services proposés, nombre de salariés…
Chaque projet étant unique, il est difficile de définir un budget moyen universel.

Il convient de distinguer l’investissement initial des frais courants supportés chaque mois une fois l’activité lancée. Sachant que le niveau du capital social, la saisonnalité de l’activité et le taux de marge souhaité influenceront également le budget global.

Voici les principaux postes de dépenses à prévoir pour le lancement d’une guinguette :

Poste de dépense

Budget estimé (ordre de grandeur)

Loyer, dépôt de garantie, frais d’agence

2000 € à 10000 €

Travaux d’aménagement, décoration, mobilier extérieur

7000 € à 45000 €

Équipements de cuisine, stock initial, matériel de service

5000 € à 30000 €

Sonorisation, éclairage, animations

1000 € à 8000 €

Communication de lancement & signalétique

1000 € à 6000 €

Frais de création, assurances, licences, permis

1000 € à 3000 €

Bien qu’il soit difficile de donner un chiffre exact, on peut estimer le budget de lancement d’une guinguette dans les fourchettes suivantes :

  • Minimum : 20000 € à 40000 € ➡️ concept minimaliste, structure mobile ou espace déjà aménagé
  • Moyenne : 40000 € à 100000 € ➡️ lieu fixe bien situé, offre complète (restauration, boissons, musique)
  • Élevée : plus de 100000 € ➡️ grand espace avec animations régulières, aménagements sur mesure, personnel salarié

💡 A noter : Prévoir une marge de sécurité de 10 à 15 % dans le budget prévisionnel permet d’absorber les imprévus qui surviendront lors du lancement du projet.

 

Quelles réglementations respecter pour ouvrir une guinguette ?

En tant qu’établissement recevant du public (ERP), une guinguette doit respecter quelques obligations légales pour garantir la sécurité, l’accessibilité et la conformité de l’activité.

  • Sécurité et accessibilité : conformité aux normes incendie, présence d’issues de secours, accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR).
  • Hygiène alimentaire : respect des règles HACCP, hygiène des locaux, traçabilité, contrôle sanitaire.
  • Affichage obligatoire : prix, licence de débit, protection des mineurs, allergènes, origine des viandes, interdiction de fumer, inspection du travail…
  • Droit du travail : respect du code du travail et de la convention collective HCR.
  • Débit de boissons : affichage des licences, interdiction de vente d’alcool aux mineurs, lutte contre l’ivresse publique.
  • Nuisances sonores : limites de volume et horaires encadrés si diffusion de musique.
  • SACEM et SPRE : droits d’auteur à régler si diffusion de musique.

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Quel personnel recruter à l’ouverture d’une guinguette ?

Le nombre et le type de postes à prévoir dépendent du concept, de la capacité d’accueil et du niveau de service attendu. En général, une guinguette emploie un cuisinier (ou commis), un ou plusieurs serveurs, un barman si un débit de boissons est prévu, un responsable pour la coordination globale.

💡 A noter : En cas de saisonnalité, privilégiez des CDD saisonniers ou faites appel à des extras en renfort pour les pics d’activité.

 

Comment attirer une clientèle et faire connaître sa guinguette ?

Pour promouvoir une guinguette et générer de l’intérêt dès l’ouverture, misez sur une stratégie de communication locale et digitale. Elle vous permettra de créer une identité forte, d’attirer vos premiers clients avant même l’ouverture et de fidéliser la clientèle sur le long terme.

  • Avant l’ouverture : Animez vos réseaux sociaux avec du teasing et des coulisses du projet, lancez un site web simple (infos pratiques, localisation, concept), développez des partenariats locaux avec les collectivités et les commerçants…
  • Au lancement : Organisez un événement d’inauguration spécial, optimisez votre fiche établissement Google et diffusez des campagnes de publicité géolocalisée sur Google et les réseaux sociaux.
  • Après l’ouverture : Proposez une programmation événementielle régulière (concerts, jeux, soirées à thème…), mettez en valeur vos produits avec un marketing visuel soigné, encouragez vos clients à laisser des avis et à partager leur expérience en ligne.

 

FAQ : Nos experts répondent à vos questions

Avec un bon emplacement, un concept attractif et une gestion rigoureuse de la saison, une guinguette peut être une activité très rentable. Cette rentabilité dépend néanmoins de la maîtrise des coûts fixes et du volume de fréquentation.
Les taux de marge bruts sont relativement élevés : 70 % sur les boissons sans alcool, 50 à 70 % sur les vins et bières et 75 % sur les produits snack comme les frites, saucisses…

Il n’y a pas de règle fixe, mais la plupart des guinguettes s’étendent sur 80 à 200 m², auxquels peuvent s’ajouter des espaces extérieurs : terrasse, jardin, bord de l’eau…

Oui, il est possible d’ouvrir une guinguette directement chez soi si le terrain s’y prête, que le voisinage est compatible et que les règles d’urbanisme, de sécurité et de nuisance sonore sont respectées.

Non, mais dès que des boissons alcoolisées sont servies, même en accompagnement d’un repas, une licence adaptée est obligatoire. Sans licence, seules les boissons non alcoolisées peuvent être proposées.

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