Les obligations de l’employeur lorsque l’entreprise est créée
Lorsqu’une entreprise voit le jour et commence à employer du personnel, certaines obligations sociales deviennent immédiatement applicables. Au-delà des formalités administratives, l’employeur doit mettre en place des dispositifs de protection sociale destinés à garantir la santé, la sécurité et la couverture de ses salariés. Ces obligations concernent notamment la mutuelle santé, la prévoyance et la retraite complémentaire.
Depuis le 1er janvier 2016, tous les employeurs du secteur privé (hors particuliers employeurs) ont l’obligation de proposer une mutuelle de santé collective à leurs salariés, quelle que soit leur ancienneté.
L’employeur doit participer pour au moins 50 % des cotisations, le reste étant à la charge du salarié.
La couverture des ayants droits (conjoint et enfants) doit être décidée par l’employeur ou les partenaires sociaux.
La loi exige des garanties minimales :
- L’intégralité du ticket modérateur sur les consultations, actes et prestations remboursables par l’assurance maladie obligatoire,
- La totalité du forfait journalier hospitalier,
- Les dépenses de frais dentaires, à hauteur de 125 % du tarif conventionnel,
- Les dépenses de frais d’optique, sur la base d’un forfait par période de deux ans (forfait annuel pour les mineurs et en cas d’évolution de la vue), avec 100 € minimum pour les corrections simples et 150 € minimum pour les corrections complexes.
Ces garanties minimales obligatoires peuvent être complétées par :
- des prestations supplémentaires comme le tiers-payant,
- des services d’assistance telle qu’une aide-ménagère, garde d’enfants,
- des dispositifs spécifiques de prévention et/ou d’accompagnement telle que la prise en charge de dépistage de certaines maladies.
L’affiliation à une prévoyance est obligatoire pour l’employeur dans le cadre
- d’un accord collectif : convention collective, accord au niveau d’une branche professionnelle, accord d’entreprise ou d’établissement, référendum au sein de l’entreprise ou de l’établissement.
La prévoyance est obligatoire pour tous les salariés ou pour ceux visés par l’accord collectif. Les cotisations comprennent la part patronale et la part salariale obligatoire.
La prévoyance peut avoir un caractère obligatoire selon la décision unilatérale de l’employeur. Les salariés arrivés au sein de l’entreprise après la décision d’adhésion obligatoire sont concernés par l’obligation. Les salariés présents avant la décision d’adhésion obligatoire peuvent choisir d’adhérer ou non à la prévoyance.
- la présence de salariés cadres : selon l’article 7 de la Convention Collective Nationale (CNN) des cadres, l’entreprise est dans l’obligation de souscrire à une prévoyance pour les cadres et assimilés-cadres avec la prise en charge, au minimum, d’une prévoyance décès.
L’adhésion à un groupe d’institutions de retraite complémentaire pour les cadres et non cadres est obligatoire même en l’absence de salariés. L’adhésion est automatique avec la première déclaration sociale nominative (DSN) :
- Si vous êtes dirigeant non salarié, la protection dépend de votre statut,
- Si vous êtes assimilé-salarié, vous êtes affilié à la caisse ARRCO-AGIRC de votre entreprise.
Comment mettre en place une mutuelle pour son entreprise ?
Appelée également « complémentaire santé collective », la mutuelle santé d’entreprise permet aux salariés de bénéficier d’un remboursement des frais de santé en plus de la partie remboursée par la Sécurité sociale. La mutuelle santé d’entreprise, contrairement aux dispositifs complémentaires individuels, propose des garanties adaptées aux spécificités et secteurs d’activité de l’entreprise.
C’est à l’entreprise de négocier le contrat et d’assurer un suivi avec l’organisme assureur sélectionné.
- Avec une convention collective ou un accord de branche : Si l’entreprise dispose d’une convention, elle doit se reporter à celle dont elle dépend (des régimes de prévoyance et de complémentaire santé peuvent en effet être imposés à l’entreprise).
- Sans convention collective ou accord de branche : Si l’entreprise ne dispose pas de convention collective, l’employeur et les représentants du personnel négocient afin de trouver un accord collectif. En cas d’échec ou dans les entreprises de moins de 50 salariés, la mutuelle est mise en place par une décision unilatérale de l’employeur (DUE). Un document doit alors être rédigé pour préciser le dispositif choisi.
Les étapes de mise en place d’une mutuelle avec nos experts
Contactez-nousPourquoi mettre en place une solution de prévoyance lorsque l’on crée une entreprise ?
Lors de la création de votre entreprise, il est primordial de mettre en place des garanties pour protéger votre entreprise, votre entourage et vos associés face aux aléas de la vie :
- maladie,
- accident du travail,
- incapacité,
- invalidité,
- décès.
Ces risques peuvent entraîner des conséquences importantes sur votre activité et engendrer des difficultés économiques.
Même si votre régime obligatoire vous protège à minima, il est possible de souscrire à des garanties complémentaires quel que soit votre statut social. Vous êtes ainsi protégé contre les risques de la vie et vous pouvez continuer à payer vos charges récurrentes (locaux, salaires, fournisseurs…).
Choisir une prévoyance est indispensable pour sécuriser le développement de votre entreprise.
Le régime social du dirigeant dépend de la structure juridique choisie et de sa fonction au sein de celle-ci. Nous retrouvons les dirigeants assimilés-salariés ou les travailleurs non-salariés (TNS).
Les dirigeants assimilés-salariés :
- Présidents – directeurs, directeurs généraux et directeurs généraux délégués (rémunérés) de SA (Société Anonyme) ou de SELAFA (Société d’Exercice Libéral à Forme Anonyme),
- Présidents et dirigeants rémunérés de SAS (Société par Actions Simplifiée) ou de SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle),
- Gérants non associés rémunérés de sociétés de personnes,
- Dirigeants de certaines associations à but non lucratif.
➡️ Ils bénéficient de la même protection sociale (affiliés au régime général de la Sécurité sociale) et des mêmes conditions qu’un salarié, excepté pour l’assurance chômage.
L’affiliation ou non des dirigeants à l’assurance chômage est déterminée par France Travail que ce soit pour un contrat de travail (en cas de cumul) ou pour leur mandat social.
Les cotisations sociales sont calculées sur la base de la rémunération du dirigeant. Elles sont versées à l’Urssaf ou à la CGSS au fur et à mesure du paiement des rémunérations, chaque mois ou chaque trimestre.
Les dirigeants travailleurs indépendants ou travailleurs non-salariés (TNS) :
- Dirigeant d’une EURL,
- Entrepreneur individuel (EI, EIRL et professionnels libéraux),
- Gérant majoritaire d’une SARL.
➡️ Ils bénéficient des prestations obligatoires de la Sécurité sociale des non-salariés.
Si l’adhésion à une caisse de prévoyance n’est pas imposée par des conventions ou accords collectifs, les salariés décident à la majorité d’un projet d’accord proposé par le dirigeant ou par une décision unilatérale du dirigeant.
L’article L. 2242-11 du Code du travail, en cas d’absence d’adhésion à une caisse de prévoyance obligatoire, impose au chef d’entreprise d’engager annuellement une négociation sur ce thème.
La prévoyance du dirigeant non-salarié (TNS) :
- L’arrêt maladie : les indemnités journalières représentent, pour les commerçants et artisans, 1/730e du revenu d’activité annuel moyen des trois dernières années. La redevance est limitée à 56,35 € par jour. Elle est versée à partir du 4ème jour d’arrêt. Les 3 premiers jours ne sont pas couverts et le paiement de l’indemnité peut aller jusqu’à 90 jours.
💡 À noter : Il n’existe pas de protection contre le risque d’accident du travail et de maladie professionnelle pour les travailleurs indépendants.
- L’invalidité : pension accordée au dirigeant artisan ou commerçant. Le montant de la pension dépend du degré d’invalidité et du revenu annuel moyen des 10 meilleures années d’activité.
- Le décès : indemnité pouvant aller jusqu’à 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) soit 8 227 €. Si le dirigeant est retraité, l’indemnité s’élève à 8 % du PASS soit 3 290 €.
La prévoyance du dirigeant assimilé-salarié :
- L’arrêt maladie : comme pour un salarié, le dirigeant perçoit des indemnités de la part de la Sécurité sociale en cas de maladie ou accident. Il est également protégé en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Les indemnités s’élèvent à 50 % du salaire journalier de base calculé sur la moyenne de la rémunération des 3 derniers mois. Ces indemnités sont versées à partir du 4ème jour d’arrêt et leur montant ne dépasse pas 46 € brut par jour.
- L’invalidité : indemnité comprise entre 30 % et 50 % du salaire moyen.
- Le décès : une indemnité de 3 476 € versée à la famille du défunt.
Création d’entreprise et retraite
Le dirigeant cotise aux régimes obligatoires auxquels il est rattaché. Ces cotisations lui permettent de bénéficier d’une pension au moment de prendre sa retraite, sous réserve de remplir certaines conditions. La couverture retraite n’est pas la même pour tous les dirigeants et le régime de base comme le régime complémentaire, dépend du statut. Pour éviter un différentiel de revenus trop important, le dirigeant doit anticiper et préparer son départ. Des solutions complémentaires peuvent être mises en place pour améliorer sa retraite.
Le régime de retraite d’un créateur d’entreprise
On distingue deux types de retraite découlant des statuts des dirigeants : la retraite du dirigeant assimilé-salarié et la retraite du dirigeant travailleur non-salarié (TNS). Chacun de ces statuts entraine des conséquences importantes en matière de retraite :
Les dispositifs d’épargne retraite
De nombreux dispositifs existent. Avant d’étudier les options possibles pour compléter votre pension en l’optimisant fiscalement, nos experts vous inciteront à vous poser plusieurs questions : Quelle est la pension de ma retraite de base ? Quels seront mes revenus au moment de la retraite ? Quelles seront mes dépenses et charges ? Est-ce que je souhaite un complément de revenus sous forme de rente ou de capital ? À partir des éléments de réponses, nous pourrons ainsi vous orienter vers les dispositifs répondant à vos besoins.
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Faire appel à nos experts vous permet de vous protéger face aux aléas de la vie et aux temps forts de votre carrière professionnelle. Nous intégrons tous les paramètres, variables et composantes pouvant avoir un impact sur votre stratégie. Notre objectif : vous faire bénéficier d’une protection adaptée et aux meilleures conditions.
Gagner du temps
En tant que créateur, les démarches administratives et juridiques sont nombreuses. De l’analyse de votre besoin, à la recherche des prestataires en passant par la mise en place des contrats, notre accompagnement est global. Déléguez la gestion de vos contrats à nos experts vous permet de concentrer votre énergie au développement de votre activité.
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En fonction de votre secteur d’activité et de votre situation, notre expertise se veut personnalisée. Grâce à une analyse pointue, nos conseils sont adaptés à votre situation avec des contrats les plus avantageux pour vous et votre entreprise.
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Laure
Moudenc
Consultante RH - Gérante - Ombello
Des questions sur la mutuelle ou la prévoyance pour votre création d’entreprise ? Nos experts vous répondent :
Depuis le 1er janvier 2016, toutes les entreprises du secteur privé ont l’obligation de proposer une complémentaire santé collective à leurs salariés, quelle que soit leur ancienneté.
L’employeur est dans l’obligation de souscrire à une prévoyance pour les cadres avec une prise en charge, au minium, d’une prévoyance décès.
Pour les salariés non-cadres, l’employeur n’est pas dans l’obligation de souscrire à un contrat de prévoyance sauf si elle est imposée par un accord de branche ou une convention collective.
Le salarié peut refuser d’adhérer au dispositif de mutuelle de l’entreprise dans les cas suivants :
- Il a déjà une mutuelle en tant qu’ayant droit (couverture collective).
- Il a déjà une mutuelle (complémentaire individuelle).
- Il est déjà dans l’entreprise lors de la mise en place du dispositif.
- Il bénéfice de la complémentaire santé solidaire (CSS).
- Il travaille à temps partiel.
- Il est en contrat CDD ou contrat de mission.
- Il est apprenti.