Sonia Zenaïdi-Méat
Avocat - Oratio Avocats
Le contexte de crise économique, et en particulier la pénurie et la hausse du coût des matières premières, amènent les professionnels à s’interroger sur les moyens contractuels dont ils disposent afin de sécuriser au mieux leur activité. L’un de ces moyens réside dans l’insertion de clauses spécifiques au sein de leurs conditions générales.
Les conditions générales déterminent les règles applicables par défaut à la relation contractuelle entre un professionnel et ses clients, consommateurs ou professionnels (vente physique ou par internet, prestations de services, utilisation d’une application, etc.). Elles fixent le cadre général de leur relation contractuelle.
Les conditions particulières, propres à chaque commande ou affaire (bon de commande, devis accepté par le client, lettre de mission…), ont pour objet de compléter ou déroger aux conditions générales en fixant notamment les aspects commerciaux (nature, quantité, prix et remises commerciales, …) et pratiques (lieu de livraison, calendrier de réalisation…).
L’ensemble formé par les conditions générales et les conditions particulières constitue le contrat conclu entre le professionnel et son client.
S’il n’existe pas, en tant que telle, d’obligation pour le professionnel d’établir des conditions générales, celui-ci doit toutefois :
Le non-respect de ce qui précède est sanctionné par la réglementation applicable, de sorte qu’il est fortement recommandé aux professionnels de disposer de conditions générales.
En BtoC, l’intérêt pour le professionnel réside essentiellement dans le fait de respecter son obligation de délivrance de l’information précontractuelle prévue par le Code de la consommation. Le professionnel devra notamment y spécifier les garanties légales applicables à ses produits, le cas échéant, les modalités d’exercice du droit de rétractation du client, les modalités de traitement des réclamations et des litiges, incluant les coordonnées du médiateur de la consommation que le professionnel devra avoir préalablement désigné.
En BtoB, l’intérêt pour le professionnel de recourir à des conditions générales est multiple :
Non. La reproduction des conditions générales d’un tiers est sanctionnée par les règles du droit de la concurrence et susceptible d’ouvrir droit, pour ce tiers, au versement de dommages et intérêts par le contrevenant.
Il s’agit d’un acte de parasitisme (concurrence déloyale) dès lors qu’en s’appropriant les conditions générales d’un tiers, le contrevenant a fait l’économie des services d’un conseil juridique et a profité de l’investissement réalisé par ce tiers.
Le défaut d’opposabilité des conditions générales des fournisseurs est fréquemment soulevé par leurs clients dans le cadre des contentieux commerciaux qui les opposent.
Les conditions générales ne sont opposables au client que si celui-ci les a acceptées, au plus tard lors de la conclusion du contrat et le professionnel doit pouvoir en rapporter la preuve.
Il convient, par conséquent, pour le professionnel de communiquer ses conditions générales avant la conclusion du contrat avec son client. En outre, si les conditions générales ne sont pas elles-mêmes signées par le client, ce qui est l’hypothèse la plus fréquente, il est impératif d’inclure, sur les bons de commande, devis ou tout autre document de commande qui est soumis à l’acceptation du client, une mention selon laquelle le client reconnaît avoir pris connaissance et accepter les conditions générales.
N’hésitez pas à nous contacter pour tout conseil et appui concernant la rédaction ou la mise à jour de vos conditions générales.