Comment avez-vous vu évoluer les taux d’intérêt ?

Au cours du premier semestre 2022, la hausse des taux a été légère et progressive. Mais, à partir de début juillet, les taux ont davantage augmenté, notamment les taux à moyen/long termes (15 ans et plus) utilisés, par exemple, pour l’achat de murs commerciaux. Les taux, qui atteignaient 0.8 % en début d’année, sont passés à 1,30 % début juillet, pour atteindre 3,5 %, voire 4 % en septembre.

Nous avons constaté également une forte augmentation des taux pour les prêts à 7 ans, plus particulièrement ouverts aux créateurs et repreneurs d’entreprise. Ils sont ainsi passés de 0,6/0.7 % en début d’année à 3 % actuellement.

 

Comment réagissent les banques dans le contexte actuel ?

La crise Covid, la crainte des marchés face à la crise énergétique, la guerre en Ukraine rendent les banques frileuses. Elles appréhendent cette période avec prudence.

Les banques s’attendent, en outre, à des défections. Il y a des régions et des secteurs d’activités plus exposés les uns que les autres.

Les activités para-médicales et médicales ont actuellement le vent en poupe. Peu de difficultés également à obtenir un prêt pour les créateurs dans le domaine de l’artisanat. Pour des nouveaux concepts, ou des secteurs impactés par le covid, c’est, en revanche, plus compliqué. Les banquiers ont très souvent besoin de disposer de points de recul ou de comparaison avant de s’engager.

 

Les écarts de taux sont-ils importants d’un établissement à un autre ?

Les écarts peuvent être importants d’un établissement à un autre ; tous ne sont pas soumis aux mêmes problématiques de refinancement. Il y a eu, en outre, des restructurations intenses dans certaines banques, qui n’ouvrent plus leurs portes au marché des entreprises, et encore moins aux créateurs.

Au-dessus de certains paliers, les banques peuvent, en outre, être plus hésitantes à financer un projet de création. Sous 500 000 €, pour des projets ficelés et cohérents, il n’y a pas de réelles difficultés. Au-delà d’1 M€, il peut y avoir des réticences, même si les dossiers sont excellents.

Actuellement, les banquiers préfèrent multiplier les petits dossiers plutôt que de prendre des risques sur de plus importants.

 

Quels conseils pourriez-vous actuellement apporter à un créateur ou repreneur ?

  • Il convient tout d’abord de bien préparer son dossier de prêt

Pour un projet de création ou de reprise d’entreprise, le banquier a besoin d’avoir accès à un ensemble d’informations concernant le projet lui-même, mais également sur le porteur de projet. Il est parfois nécessaire de rationaliser les éléments transmis au banquier, pour mettre en valeur ce qui doit l’être, argumenté certains points, les illustrer. Ce travail est essentiel pour répondre aux critères d’étude de la banque.

  • Au-delà du taux, certains points d’attention sont à observer

Les conditions de taux ont bien sûr leur importance, mais il convient de prêter également attention aux frais et garanties, qui complètent systématiquement ces opérations :

  • Les frais de dossier
  • Les frais de fonctionnement des comptes
  • Les frais monétiques pour les commerçants (notamment le taux des commissions prélevées sur chaque transaction)
  • Les garanties : nantissement du fonds de commerce, caution personnelle et solidaire du dirigeant, protection Homme-clé…
  • Les assurances (notamment emprunteur)

Il ne faut pas hésiter à comparer, car mal ou non négociés, ces frais peuvent avoir un impact conséquent sur la trésorerie de l’entreprise.

À noter : La loi Lemoine (qui permet une résiliation sans frais de l’assurance emprunteur) ne concerne que les prêts immobiliers. L’assurance emprunteur associée à un prêt professionnel doit être conservée tout au long de la durée du prêt. Des garanties peuvent être obtenues auprès d’organismes comme BPI France, le réseau France Active, la SIAGI… N’hésitez pas à vous renseigner, dès le début de votre projet. (Ces garanties ont, cependant, un coût significatif – BPI France et SIAGI, notamment – qu’il est utile d’intégrer au prévisionnel et de financer via la banque).

  • D’autres conditions peuvent être, en outre, négociées

L’obtention d’un différé de paiement sur les 3, 4, 5 ou 6 premiers mois peut permettre de démarrer avec tranquillité et de disposer d’une réserve de trésorerie, bien utile, au lancement de l’activité.

Quant à l’apport, généralement demandé à hauteur de 30 % de la somme empruntée, il peut être ajusté, au regard de l’expérience du créateur dans le domaine d’activité, de la qualité du dossier.

À noter : Sur des projets intégrant un achat immobilier, l’apport comprend, le plus souvent le montant des  frais de notaire, les frais annexes et les garanties.

  • N’hésitez pas à vous rapprocher de contacts privilégiés

En vous appuyant, au plus tôt, sur l’expertise d’un expert-comptable, d’un avocat et d’un courtier, vous bénéficierez de conseils précieux pour lancer votre projet entrepreneurial dans les meilleures conditions. 

L’accompagnement Finance Conseil

Finance Conseil, ce sont 270 conseillers répartis sur 68 bureaux implantés sur l’ensemble du territoire national ; ce sont également des conseils et un accompagnement personnalisé auprès des professionnels  comme des particuliers ; c’est en outre un lien de confiance avec 11 organismes bancaires ainsi qu’avec de nombreux experts-comptables, assureurs et avocats ; c’est enfin une offre dédiée aux créateurs et repreneurs d’entreprise. Finance Conseil fait partie des partenaires privilégiés Baker Tilly.

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Auteur

Camille Le Rouzic Denoual

Finance Conseil : Bretagne / Normandie