Marine Cebe
Expert-comptable diplômée - Spécialisation jeu-vidéo et création
Le secteur du jeu vidéo attire chaque année de nouveaux talents. Pourtant, derrière la passion et la créativité, la création d’un studio reste un parcours exigeant. Marine Cebe, spécialiste de l’accompagnement des studios de jeux vidéo chez Baker Tilly vous partage 6 conseils avisés pour structurer et sécuriser votre projet.
C’est sans doute l’erreur la plus fréquente. Par enthousiasme ou par méconnaissance des dispositifs existants, certains créateurs immatriculent leur société dès les premières phases du projet ; une décision qui peut compliquer certaines démarches ou les priver de certaines opportunités de financement.
Avant toute création, il est essentiel de réaliser un état des lieux du projet :
Dans l’idéal, nous rencontrons les créateurs entre trois et six mois avant la création de leur société. Cela nous permet de construire un parcours cohérent et de ne pas passer à côté de dispositifs importants.
Le secteur du jeu vidéo bénéficie d’un écosystème de financement particulièrement développé. Parmi les dispositifs les plus connus figure le FAJV (fonds d’aide au jeu vidéo) déployé par le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), notamment pour les phases d’écriture, de préproduction et de production.
L’aide à l’écriture permet, par exemple, aux porteurs de projet de financer la construction de leur univers, de leur scénario ou encore de leur dossier de présentation. Viennent ensuite les aides à la préproduction et à la production, dont les montants peuvent atteindre plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros selon les projets. Toutes ces aides sont cumulables et versées sous forme de subvention.
Au-delà de ces aides spécifiques, les créateurs peuvent également bénéficier de dispositifs régionaux ou encore de financements liés à l’innovation ; autant d’opportunités à ne pas négliger.
Il n’est pas rare qu’un créateur de jeu travaille pendant plusieurs années sur son projet, tout en poursuivant une activité salariée ou des études. Pendant cette période, il développe parfois un prototype avancé, réalise les premiers graphismes, construit l’univers du jeu, rédige le scénario ou développe une partie importante du code source. Ce travail représente une véritable valeur économique.
Pourtant, beaucoup de créateurs ignorent qu’il est possible, sous certaines conditions, de valoriser les travaux réalisés avant la création de leur société.
Cette valorisation, parfois significative, peut notamment permettre de renforcer les fonds propres de l’entreprise, d’améliorer la crédibilité du projet et de soutenir des demandes de financement. Elle prend d’autant plus de sens lorsque le porteur de projet ne dispose pas de l’apport habituellement exigé par les banques.
Dans l’univers du jeu vidéo, la propriété intellectuelle constitue un actif essentiel. Le jeu, son univers graphique, ses personnages, son code source, sa musique ou encore son scénario contribuent directement à la valorisation de l’entreprise. La question doit donc être traitée dès la création du studio.
Le premier enjeu consiste à garantir que l’ensemble des droits est bien détenu par la société exploitante. Cela suppose la mise en place de contrats de cession de droits d’auteur adaptés, notamment lorsque plusieurs personnes interviennent dans la création du jeu (salarié, associés, freelance, stagiaires, …).
Sans sécurisation juridique, un studio peut se retrouver en difficulté au moment de commercialiser son jeu, de négocier avec un éditeur, ou même en cas de litige avec un ancien salarié ou prestataire.
La rédaction des statuts, des contrats et des éventuels pactes d’associés mérite donc une attention particulière.
Le business plan doit être construit avec une logique de réalité économique, et non de projection optimiste. Il doit, ainsi, intégrer l’ensemble des coûts directs et indirects du projet : masse salariale et charges sociales, coûts de production, outils logiciels et licences, sous-traitance et prestations externes, budget marketing et communication, frais juridiques, impôts et taxes… À ces éléments s’ajoutent des spécificités propres au secteur :
Beaucoup d’entrepreneurs dans ce domaine sous-estiment certains postes de dépenses. Notre rôle consiste justement à challenger les hypothèses pour présenter un projet crédible aux financeurs.
Un studio de jeu vidéo ne se construit jamais en vase clos. Dès les premières étapes, le projet s’inscrit dans un environnement où se mêlent enjeux financiers, juridiques, comptables et stratégiques. Cette dimension globale nécessite un accompagnement adapté pour structurer le projet et sécuriser ses choix.
Intégrer un incubateur spécialisé peut être une première étape pertinente pour accéder à des ressources et expertises ciblées, ainsi qu’à un réseau actif du secteur. L’enjeu est ensuite de transformer ces apports en une structuration solide du projet et en une stratégie de développement maitrisée. L’appui de professionnels maitrisant les pratiques de cet environnement spécifique peut, alors, constituer un véritable atout.
💡 À savoir
Baker Tilly est reconnu cabinet de conseil de référence par l’unique syndicat de la filière, le SNJV (syndicat national du jeu vidéo).
Vous souhaitez créer votre studio de jeux vidéo ? Vous avez besoin d’une ressource experte pour clarifier votre modèle économique et poser les bases de votre développement ? N’hésitez pas à contacter notre spécialiste, Marine Cebe, afin d’échanger sur votre projet et identifier les meilleures conditions pour le structurer et le faire évoluer.